Par où ai-je commencé ?
Par ChatGPT, comme un moteur de recherche qui répond en phrases.
Reformuler un mail, résumer un document, trouver un angle pour un post. Utile tout de suite, et oublié aussitôt : à chaque conversation, il fallait tout réexpliquer.
Aujourd'hui, je m'en sers surtout pour les images, par exemple la matière des visuels de mes posts.
En parallèle, j'ai testé Gemini : les Gems, ses assistants personnalisés, et Nano Banana pour les images. Même constat : de bons outils, une conversation à la fois.
Qu'a changé Claude, en mode assistant ?
La mémoire de travail, grâce aux projets.
Dans claude.ai, un projet garde ses consignes et ses documents. J'en ai créé un par rôle : un bras droit, un responsable marketing, un directeur commercial, un directeur financier. Chacun connaissait son périmètre, mes règles d'écriture, les chiffres qui font foi.
La limite est vite apparue : les projets ne se parlent pas. J'étais le facteur. Je copiais la consigne de l'un pour la coller dans l'autre, puis je rapportais la réponse.
Et Cowork ?
Le premier pas vers des agents qui agissent.
Avec Cowork, l'IA travaille sur mon ordinateur : elle lit et écrit des fichiers, elle enchaîne les étapes seule. J'y ai monté mes premiers agents de veille et de gestion du site.
C'était mieux, mais chaque agent restait dans son coin. Le jour où j'ai voulu un chef d'orchestre qui les fasse travailler ensemble, j'ai changé d'outil.
Pourquoi Claude Code pour le système ?
Parce qu'il fait d'un ensemble d'assistants un système.
Un agent principal reçoit mes demandes, à l'écrit ou en vocal depuis mon téléphone. Il confie chaque tâche à l'agent spécialisé, relit son travail, et me présente le résultat. Tout ce qui doit durer est écrit dans des fichiers : les faits de l'entreprise, les décisions datées, le journal de chaque action, et les compétences, ces procédures d'une page que tous les agents appliquent.
Un ordinateur dédié reste allumé jour et nuit. Les routines y tournent à heure fixe : veille, préparation des rendez-vous, publication, mesure.
Aujourd'hui : une dizaine d'agents spécialisés, plus de vingt compétences écrites, plus de vingt routines automatisées.
Comment ai-je appris à brancher les outils ?
Par essais, en trois étages, du plus simple au plus fragile.
- Le connecteur prêt à l'emploi. Notion, le CRM, le stockage de fichiers : quelques minutes et une autorisation à donner. C'est à ce moment qu'il faut lire ce que l'outil ouvre à l'agent, en lecture et en écriture : une autorisation se donne vite, elle se relit.
- L'API, par un petit script. Quand le connecteur n'existe pas, ou ne fait pas ce qu'il faut, l'agent écrit un script qui appelle l'outil directement : la messagerie et l'agenda, les voix off. Le script est écrit une fois, puis réutilisé.
- Le navigateur piloté. En dernier recours, quand l'outil n'offre rien d'autre. C'est le plus lent et le plus fragile : une page qui change, une session qui expire, et la tâche s'arrête.
Ce que j'ai appris en route :
- Une API ne donne pas tout ce que montre l'écran. Certains rapports n'existent que dans l'interface de l'outil. On le découvre en cherchant, et on note la limite pour ne pas la redécouvrir.
- Les quotas comptent. Un nombre de demandes par jour, des crédits par appel : une routine qui les ignore s'arrête au milieu, ou coûte plus que prévu.
- Chaque branchement s'écrit. La façon de connecter un outil, ses pièges et ce qui reste un geste humain deviennent une compétence d'une page. La deuxième fois, on applique la page au lieu de tout rechercher.
Et autour du système ?
Plusieurs outils, chacun à sa place. Certains sont branchés aux agents par des connecteurs, d'autres restent des outils que j'utilise à la main.
- Notion : le reporting hebdomadaire de l'équipe, préparé par un agent.
- Slack : la messagerie de l'équipe.
- ElevenLabs et HeyGen : la voix off et l'avatar de mes vidéos, sans passer devant la caméra.
- Wispr Flow : la dictée vocale. Je parle, le texte s'écrit, et c'est souvent ainsi que je donne mes consignes.
- Lemlist : les séquences de prospection par e-mail.
- Canva : mes notes en PDF.
- Figma : le design des sites.
- Make : mes premières automatisations. Je l'ai arrêté : les agents de Claude Code font désormais ce travail.
La règle est la même pour tous : un outil entre dans le système quand une tâche revient chaque semaine.
Au fil du parcours, des outils testés, certains gardés, d'autres arrêtés. C'est ce qui me permet de dire, chez un autre dirigeant, lequel sert à quoi, et lequel il peut s'épargner.
Jusqu'où est-ce que je délègue ?
Trois niveaux, écrits noir sur blanc.
- L'agent agit et m'informe : analyses, préparation des rendez-vous, briefs, tenue des fichiers internes.
- L'agent propose, je valide en un clic : changer une cible de prospection, ajuster la consigne d'un agent, réorganiser ma semaine.
- L'agent s'arrête et me demande : toute dépense, tout sujet juridique ou financier, et tout ce qui sort de l'entreprise, sauf délégation que j'ai accordée par écrit.
Rien ne sort sans une règle écrite : ma validation au cas par cas, ou une délégation que j'ai accordée pour un type de tâche précis et que je peux retirer à tout moment.
Pour les mails, la délégation se gagne. Au départ, chaque mail est relu avant l'envoi. Après vingt mails consécutifs jugés impeccables sur un même type de réponse, ce type peut partir sans relecture préalable, avec une revue par échantillon chaque semaine. Une correction remet le compteur à zéro. Les prix, les contrats et le juridique restent toujours relus.
Que fais-je des données et de la confidentialité ?
C'est la première question d'un dirigeant, et la bonne.
La première règle : savoir ce qu'on confie, et à quel outil. Un compte personnel sur une IA grand public n'est en principe pas couvert par un contrat de traitement des données : ce cadre relève d'une offre professionnelle. Avant de brancher une messagerie, un CRM ou un fichier de clients, c'est la première chose à vérifier.
Chez un client, voici le cadre que je pose avant le premier accès :
- le système s'installe sur ses comptes, à son nom : son abonnement professionnel Anthropic, sa messagerie, son CRM ;
- il reste titulaire de chaque compte : un accès se donne et se retire depuis ses outils ;
- avant tout accès, nous signons un accord de confidentialité et un contrat de traitement des données ;
- j'interviens avec un compte nominatif, limité à ce que la mission exige, révocable à tout moment ;
- ses données ne servent à aucun autre client et ne passent pas de ses outils vers les miens ;
- chaque action du système est inscrite dans un journal qu'il peut relire ;
- le système prépare, le dirigeant décide : aucune décision concernant une personne n'est confiée à la machine.
Et la sécurité au quotidien ?
Des règles nées de vrais ratés.
Jamais d'identifiant saisi par un agent. Un jour, en voulant rétablir une session expirée, un agent a cliqué sur « mot de passe oublié ». La règle est devenue écrite : un agent ne saisit jamais d'identifiant et ne touche jamais à un mot de passe. Quand une session expire, il s'arrête et me prévient, sauf reconnexion que j'ai autorisée à l'avance.
Des autorisations écrites, pas des habitudes. Les outils demandent une validation avant d'agir hors de leur périmètre. Une routine de nuit ne fait que ce que j'ai autorisé à l'avance ; si elle bute sur une demande d'autorisation, elle s'arrête, et un contrôle me signale celles qui attendent.
Un journal des actions. Chaque action importante est datée et inscrite. Quand quelque chose cloche, je retrouve ce qui a été fait, par quel agent, et quand.
Par quoi commencer, si c'était à refaire ?
Par les projets dans un assistant, un par rôle. Puis par une tâche faite trois fois, écrite en une page. L'outil vient après. Le détail de la méthode est dans Créer un agent IA avec Claude.